Le plaisir très simple de relire

Retrouver un livre aimé comme on retrouve une amie. Avec, entre les lignes, tout ce qui a changé en nous.

Des rayonnages de livres anciens dans une bibliothèque
Photographie d’illustration · Unsplash

Les livres ne bougent pas, mais nous, si. Voilà sans doute pourquoi une seconde lecture peut nous sembler si nouvelle. Une phrase autrefois soulignée paraît soudain moins essentielle. Une page que l’on avait traversée sans attention devient le centre du livre.

Un rendez-vous avec soi-même

Relire suppose de renoncer, pour quelques soirées, à l’attrait de la nouveauté. Ce n’est pas se fermer au monde. C’est accepter de regarder une œuvre autrement, sans l’impatience de savoir ce qui arrive après. On connaît le chemin ; on peut enfin observer le paysage.

Ce que l’on retrouve dans un livre est parfois moins son histoire que la trace d’une ancienne version de soi.

Les exemplaires annotés ont cette tendresse particulière des lettres conservées. Une date sur la page de garde, un ticket de train devenu marque-page, un prénom au crayon racontent une autre histoire autour du texte.

Sur la table de chevet

Pour commencer, inutile de choisir un monument. Un recueil de nouvelles, quelques poèmes ou ce roman prêté si souvent qu’il a fini par revenir écorné suffisent. Le bon livre à relire est celui dont une phrase vous revient sans prévenir.

Lire une dizaine de pages, puis s’arrêter. Ne rien attendre d’autre qu’un moment bien habité. Il y a des plaisirs dont la discrétion fait toute la valeur.

Merci de votre visite au Salon.

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